Consultant indépendant vs salarié : quel est le coût réel d’une journée de travail ?

 

En 2025, les entreprises françaises font face à une tension croissante sur les profils qualifiés, à la fois en recrutement et en gestion de projet. Entre hausse des coûts salariaux, difficulté d’anticipation RH et besoin de flexibilité, le recours à des consultants freelance devient une solution stratégique pour les besoins temporaires ou les pics d’activité.

Afin de présenter une comparaison juste, il est bien entendu nécessaire de déterminer et d’énumérer les éléments qui composent le coût d’une journée de production pour un salarié d’une part, et pour un consultant freelance ou ressource externe d’une autre. Les voici ci-dessous :

Frais salarié VS consultant

 

1. Le coût d’une journée productive pour un salarié
 

1.1 Rémunération brute et charges patronales

 

La rémunération brute (salaire + primes + charges patronales) représente en moyenne 90 % du coût total d’un salarié.

 

1.2 Avantages et frais annexes

Il convient de rajouter à cela les avantages et dépenses diverses que l’on a l’habitude de retrouver comme la mutuelle, les titres restaurants, la participation aux transports, la formation etc. Bien entendu, ces avantages diffèrent selon les entreprises mais restent très généralement les mêmes la plupart du temps. Nous avons donc choisi d’incorporer les plus fréquents dans le cadre de notre simulation.

 

1.3 Coût du recrutement imputé

Pour finir, le coût du recrutement est également une donnée bien souvent négligée mais qu’il est important d’intégrer dans le calcul, notamment parce que cette dernière se répercute sur plusieurs années.

Le coût du recrutement pour une année pleine se calcule donc ainsi : on multiplie le coût estimé d’un recrutement (coût des charges externes et internes pour un cadre) par le taux de perte dans les processus de recrutement (selon la DARES en 2019, 19% des recrutements en CDI font l’objet d’une rupture de période d’essai). On divise ensuite le tout par la durée moyenne d’un contrat pour un cadre, à savoir 4,1 années selon Deloitte (2018).

 

2. Jours réellement travaillés vs théoriques

S’il est courant d’évoquer une base de 218 jours travaillés pour un cadre, la réalité est souvent inférieure. En effet, de nombreux jours d’absence s’ajoutent aux traditionnels congés payés et RTT. Voici un tableau récapitulant les différents motifs d’absence d’un salarié sur une année pleine :

Salarié VS consultant indépendant : jours travaillés

 

On constate ainsi qu’en moyenne, un cadre travaille 188 jours par an au lieu des 218 attendus.

Même si cette donnée est une moyenne, elle montre qu’un salarié fournit moins de journées productives que prévu, ce qui augmente mécaniquement le coût réel de chaque jour travaillé.

Si la moyenne d’absence pour maladie peut paraître élevée, les cadres étant en moyenne plus âgés, ils sont plus exposés aux arrêts longue durée. Ainsi, ces derniers sont malheureusement plus sujets aux facteurs générant une longue période d’arrêt (cancer, maux et douleurs liés à l’âge etc.). De plus, les postes de cadre sont bien souvent générateurs de stress et forte pression, avec un impact psychologique fort menant parfois à de longues périodes d’arrêt (burn-out, AVC etc.).

Si les chiffres peuvent paraitre surprenants de prime abord, imaginer un salarié absent pendant 6 mois sur une équipe de 10 personnes parait moins choquant, n’est-ce pas? Pourtant, cela équivaut déjà à près de 11j d’absence maladie en moyenne sur toute l’équipe.

Aussi, il est assez courant de voir des cadres absents pour maladie … pour ne jamais revenir travailler. Imaginer alors quelques mois d’absence venant « casser » les moyennes devient aussitôt plus acceptable.

Tous ces jours sont aussi mécaniquement comptés dans ce nombre.

Par ailleurs, nous n’avons pas retenu les absences pour séminaires d’équipe et autres activités para-professionnelles, trop difficiles à évaluer en temps et dont le consultant ne fait pas partie (même si des exceptions existent).

 

3. Le taux journalier moyen (TJM) d’un consultant indépendant

Le calcul du coût d’une journée de production d’un consultant indépendant est bien plus rapide, puisqu’il s’agit du TJM (taux journalier moyen) qu’il va facturer. Si le montant de ce TJM peut légèrement varier selon certains facteurs comme nous vous le présenter dans cet article, ce dernier est défini par le consultant.

En France, le TJM moyen d’un consultant freelance varie généralement entre 500 € et 900 € selon le domaine (RH, finance, achats), la séniorité et la complexité des missions. Pour les profils de management de transition ou de direction de projet, il peut atteindre jusqu’à 1 200 €.

 

4. Étude de cas : responsable achats – salarié vs consultant

responsable achats : coûts salarié VS consultant

 

Voici quelques précisions sur les chiffres avancés dans cet exemple :

-  Tout d’abord concernant le choix du poste, à savoir de responsable achats. Nous avons choisi ce poste du fait que ce dernier soit présent dans différents types de structures (PME, ETI, grande entreprise, CAC 40). C’est un poste de cadre qualifié, nécessitant une certaine expérience : c’est notamment la typologie de profil que Twineeds a l’habitude de proposer. Les TPE sont certes exclues de cet exemple, mais ces dernières n’ont jamais (ou alors très rarement) recours aux consultants.   

- Sur le salaire brut d’un responsable achats, cette moyenne est issue d’un rapport Hays (2022). Nous avons notamment choisi de prendre la fourchette basse afin de mieux prendre en compte l’écart de salaire qu’il pouvait y avoir entre l’Ile de France et les autres régions. Les primes représentent quant à elle 10% du salaire fixe brut, ce qui est là aussi une moyenne.

- Les charges patronales sont quant à elles calculées sur une base de 42%, qui est le taux moyen des charges patronales.

 

Concernant les différents profils de consultants indépendants proposés, tous sont susceptibles de correspondre à cette typologie de poste. Les TJM proposés sont quant à eux compris entre 650 et 800 € pour plusieurs raisons : 

- Cela dépend d’une part de la nature de la mission et de ses enjeux.  Une mission de management de transition sera par exemple plus importante en termes d'enjeux, objectifs et pression pour le consultant. Il est donc normal que le TJM facturé soit alors plus élevé que pour une mission plus "classique" comme de l'interim management.

- De la séniorité du profil : comme pour un salarié "classique", le TJM d'un consultant (et donc sa rémunération) varie en fonction de son expérience. Ainsi, 15 années d'expérience dans un domaine seront facturées plus cher que 10 années. De plus, la variété de ces expériences et donc la connaissance de différents secteurs permettront aux consultants d'augmenter leur TJM.

 

5. Comparatif visuel : salarié VS consultant

A noter que les exemples ci-dessous ne sont pas des comparaisons strictes entre consultant et salarié, mais bien une présentation plus large des différents cas et équivalents.

Le visuel ci-dessous synthétise les différents niveaux de coûts journaliers selon le statut (salarié ou consultant), le niveau d’expertise (junior, confirmé, senior), ainsi que la fourchette de TJM constatée en 2022. Ces repères permettent de visualiser les écarts de coût pour une journée productive réellement effectuée.

comparaison profil consultant VS salarié

 

Concernant les consultants, il est important de préciser que ces fourchettes sont à titre indicatif et peuvent varier en fonction des métiers (RH, finance et achats). Ces fourchettes restent néanmoins assez représentatives de la réalité, en 2022.

 

6. Quand privilégier l’externalisation via un consultant ?

6.1 Avantages non financiers du consultant indépendant

  • Rapidité de démarrage (sans période d’essai longue)
  • Autonomie forte
  • Souplesse contractuelle (TJMs négociables)
  • Accès à une expertise spécialisée (sectorielle, digitale…)

Le consultant apporte généralement des avantages complémentaires.

Il existe un évitement de cout au recours aux consultants ; en effet, chaque poste a une rentabilité au demeurant (sans quoi il ne devrait pas être ouvert !). Si le poste n’est pas pourvu c’est donc une perte de marge pour production non rendue pour tout le temps où le poste n’est pas occupé. Mobiliser un consultant prend quelques jours ; recruter un salarié, plusieurs mois.

 

Conclusion et appel à action

Le cout « réel » d’un salarié n’est pas un exercice que les sociétés font réellement. Elles se contentent souvent de prendre le brut ou au mieux le super brut pour estimer le cout d’un salarié. On s’aperçoit que le cout d’un salarié est supérieur à ce qu’on pense instinctivement.

Les entreprises ont tendance à comparer uniquement le cout sur des productions inégales. Pour comparer équitablement il faut prendre le cout à la journée de production effective. On réalise qu’un salarié produit bien en moyenne moins que ce qu’on pourrait penser. L’écart de cout entre salarié et consultant existe même s’il n’est pas forcément systématique.

À poste équivalent, un consultant peut sembler plus cher en apparence. Mais ramené au coût d’une journée réellement travaillée, avec zéro période d’inactivité et une mise en action immédiate, il s’agit bien souvent d’un investissement plus rentable, souple et performant.

 

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